Je ne suis pas devenue doula parce que j'aimais les bébés : mon histoire et la véritable raison de mon choix
- 21 août
- 5 min de lecture

On me le dit tout le temps.
"Vous devez vraiment aimer les bébés."
En général, je souris.
Parce qu'ils ont raison...
J'aime effectivement les bébés.
Mais ce n'est pas pour cela que je suis devenue doula.
Si aimer les bébés suffisait, il existe bien des métiers me permettant de passer mes journées auprès de nouveau-nés.
J'aurais pu devenir infirmière en pédiatrie.
Travailler en maternité.
Ou suivre la voie que j'envisageais plus jeune : devenir gynécologue-obstétricienne.
Mais rien de tout cela n'explique ma motivation profonde.
La raison pour laquelle je suis devenue doula n'a jamais eu pour point de départ les bébés.
Elle a toujours commencé par les personnes qui les mettent au monde.
La raison pour laquelle je suis devenue doula de naissance a toujours été centrée sur les mères.
Quand on me demande pourquoi je suis devenue doula, on s'attend souvent à ce que je raconte une histoire faite de tout petits doigts et de tendres câlins avec des nouveau-nés.
La réalité est bien plus profonde.
Je suis devenue doula parce que je voulais que les femmes se sentent soutenues.
Je voulais qu'elles comprennent ce qui se passait dans leur corps.
Je voulais qu'elles sachent qu'elles avaient le choix.
Je voulais qu'elles abordent l'accouchement en se sentant informées, plutôt que submergées.
Bien avant d'accompagner ma première cliente, j'ai réalisé une chose.
L'accouchement n'est pas qu'un simple événement médical.
C'est l'un des moments les plus marquants d'une vie.
Et personne ne devrait avoir à le vivre en se sentant seul.
Il n'a jamais été question de mettre des bébés au monde.
L'une des raisons pour lesquelles j'ai d'abord rêvé de devenir gynécologue-obstétricienne, c'est que j'aimais la médecine.
La grossesse me fascinait.
J'adorais tout apprendre sur la naissance.
Je voulais participer à l'accueil des bébés dans le monde.
Mais avec le temps, j'ai pris conscience de quelque chose à mon sujet.
Ce qui me passionnait le plus, ce n'était pas de « réceptionner » le bébé.
C'était de prendre soin de la personne qui accouchait.
Je voulais rester à ses côtés.
Répondre à ses questions.
L'encourager.
Lui rappeler qu'elle était plus forte qu'elle ne le pensait.
L'aider à comprendre ce qui se passait, plutôt que de simplement le subir.
Lorsque j'ai découvert le rôle des doulas, tout a pris sens.
J'avais enfin trouvé le rôle que je cherchais sans même le savoir.
L'éducation est devenue ma raison d'être.
L'une des plus grandes surprises après être devenue doula n'a pas été l'accouchement en lui-même.
Ce fut de réaliser combien de familles ignoraient qu'elles avaient le choix.
J'ai rencontré des parents qui ne savaient pas qu'ils pouvaient poser des questions.
Qui ignoraient qu'ils pouvaient prendre le temps de comprendre une recommandation.
Qui ne savaient pas qu'ils avaient le droit d'être associés aux décisions concernant leurs propres soins.
Cela m'a transformée.
Cela a aussi façonné ma pratique actuelle.
L'information et l'éducation ne sont pas un simple ajout à mon travail ; elles en constituent le fondement.
Chaque visite prénatale.
Chaque échange.
Chaque guide.
Chaque ressource.
Chaque question posée par une famille.
Ces moments sont essentiels, car l'information renforce la confiance.
Et des familles confiantes prennent des décisions éclairées.
Pourquoi le plaidoyer compte tant pour moi
Le soutien et la défense des droits des familles constituent une autre facette de ma motivation.
Non pas parce que je pense que les doulas devraient parler à la place des familles,
mais parce que je crois que les familles méritent de trouver leur propre voix.
En tant que doulas, nous ne remplaçons ni les médecins ni les infirmiers.
Nous ne prenons pas de décisions d'ordre médical.
Nous aidons les familles à comprendre la situation afin qu'elles puissent participer aux échanges en toute confiance.
Les recherches confirment la valeur de ce type d'accompagnement. Une étude de synthèse publiée en 2024 dans le "Cureus Journal of Medical Science" a révélé que l'accompagnement par une doula était associé à des taux de césarienne plus faibles, à une réduction des naissances prématurées, à des accouchements plus courts, à une anxiété moindre durant l'accouchement et à de meilleurs résultats en matière d'allaitement, en particulier chez les familles à faibles revenus. Cette étude a également souligné le rôle des doulas dans l'apport d'un soutien continu — émotionnel, physique et informatif — et a suggéré qu'un meilleur accès à leurs services pourrait contribuer à réduire les inégalités en matière de santé maternelle.
C'est précisément pour cette raison que la défense des droits et l'éducation occupent une place aussi importante dans mon travail.
Soutenir les familles noires est une démarche personnelle.
À mesure que j'évolue dans ce métier, une autre facette de ma motivation profonde m'apparaît avec encore plus de clarté.
La représentation compte.
L'écoute compte.
Le respect compte.
Les familles noires et racisées continuent de faire face à des disparités importantes en matière de soins de santé maternelle.
Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), aux États-Unis, les femmes noires courent un risque nettement plus élevé de décéder de causes liées à la grossesse que les femmes blanches, même lorsque l'on prend en compte des facteurs tels que le revenu et le niveau d'éducation.
Ce constat rend mon travail d'autant plus essentiel à mes yeux.
Chaque famille mérite de se sentir écoutée.
Chaque famille mérite des soins empreints de compassion.
Chaque famille mérite d'avoir à ses côtés une personne qui considère que ses questions ont de l'importance.
C'est là toute l'essence de Haven Place Doulas.
Mon histoire de doula ne tourne pas vraiment autour de moi.
Quand je repense à mon parcours de doula, je réalise qu'il n'a jamais été question de bâtir une carrière.
Il ne s'est jamais agi de collectionner des récits d'accouchement.
Il ne s'est jamais agi de dire que j'ai accompagné plus de 100 naissances.
Ces choses ont de l'importance. Mais ce ne sont pas elles qui motivent mon engagement.
Ce qui me motive, c'est ce parent qui, après l'accouchement, dit :
"Je me suis senti écouté."
C'est ce partenaire qui dit :
"J'ai enfin su comment apporter mon aide."
C'est cette famille qui repart avec plus de confiance qu'à son arrivée.
C'est cela qui me marque. À chaque fois.
Ma raison d'être n'a jamais changé.
Si l'on m'avait demandé à 13 ans ce que je voulais faire de ma vie, j'aurais probablement répondu que je voulais aider à mettre des bébés au monde.
Ce rêve n'a jamais changé ; il s'est simplement précisé.
Aujourd'hui, je sais que ma vocation ne se limite pas à la naissance en elle-même.
Il s'agit d'accompagner ceux qui la vivent.
Les aider à se sentir informés.
Les aider à se sentir en sécurité.
Les aider à avoir confiance en eux.
Car ce jour-là, il n'y a pas que les bébés qui naissent.
Les parents naissent aussi.
Et ils méritent d'avoir à leurs côtés quelqu'un qui soit pleinement présent pour eux.
La raison pour laquelle je suis devenue doula continue de me guider aujourd'hui.
Avec le recul, la raison pour laquelle je suis devenue accompagnante à la naissance (doula) n'a jamais vraiment changé.
Il ne s'est jamais agi d'aimer les bébés plus que quiconque.
Il s'agissait de croire que chaque famille mérite un soutien bienveillant, une information honnête et la présence d'une personne pour l'accompagner tout au long de l'un des jours les plus marquants de son existence.
C'est cette conviction qui a façonné Haven Place Doulas.
C'est elle qui continue de guider l'accompagnement que je propose aujourd'hui.
Et j'espère qu'elle marquera également chaque famille qui choisit de nous confier son récit de naissance.




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